Payez en quatre fois sans aucun frais ; « Crédit spécial : 20, 30 ou 40 euro par mois grâce à la carte X » ; « 1 000 € ou plus à votre disposition pour réaliser vos projets ». Les offres de crédit à la consommation n’on jamais été aussi nombreuses et aussi agressives. Elles vous happent dans les magasins comme dans les banques, inondent vos boîtes aux lettres, s’étalent dans les pages des journaux.
Auchan, Galeries Lafayette, Banques populaires, Société générale, Cetelem, Cofidis… difficile de comparer ce que vous proposent ces établissements, d’autant que chacun d’eux dispose de plusieurs formules, et à des conditions souvent décidées à la tête du client : prêts personnels, crédits permanents (revolving) avec carte ou sans carte, découverts autorisés, crédits gratuits ou à taux préférentiel…
En réalité, chaque type de crédit répond à un usage bien précis. Il est financièrement suicidaire, par exemple, d’utiliser un crédit revolving à X % pour payer votre canapé en une année. Un prêt personnel sera déjà plus avantageux (à partir de 6 %, assurances et frais de dossier compris). Mais il est possible de faire encore mieux : s’adresser au grand magasin dans lequel vous effectuez votre achat ; vous aurez alors de fortes chances d’obtenir un taux défiant toute concurrence : de 0% à 6% selon les cas.
Complètement désorientés, beaucoup de candidats à l’emprunt se trompent d’aiguillage. Nous avons donc décortiqué quelques formules pour que vous puissiez vous orienter vers celle qui correspond le mieux à votre besoin de financement.
Si vous êtes engagés à la légère, rassurez-vous : la loi sur les crédits à la consommation (qui régit les emprunts de 1 500 à 20 000 euros) vous ménage des portes de sortie. D’abord, vous avez un délai de rétraction de sept jours. Une lettre recommandée suffit. Vous pouvez aussi transformer à tout moment un crédit revolving en un prêt personnel, moins onéreux, et même rembourser tous vos crédits par anticipation, sans pénalité. Toute clause contraire serait illégale.
Vous vous équipez : profitez des crédits promo des magasins
Ordinateur, téléviseur, machine à laver… Pour effectuer vos gros achats, profitez des crédits promotionnels des grands magasins : ils sont imbattables. Toutes les enseignes (Auchan, Carrefour, les Nouvelles Galeries, le printemps…) offrent en effet des crédits gratuits. Il n’y a pas de piège : vous avez la possibilité de payer en trois ou quatre fois, sans aucun frais. Si les mensualités sont trop lourdes, rabattez-vous sur les crédits à taux préférentiel. Ils permettent d’étaler les remboursements sur une période plus longue (en général dix mois), tout en bénéficiant de conditions encore très avantageuses. Auchan, par exemple, propose actuellement de régler ses dépenses « en plusieurs mensualisées » à un taux d’intérêt appréciable. En général, qu’il s’agisse de crédits gratuits ou à taux préférentiel, les offres sont limitées aux périodes de pointe (mai, juin, septembre, décembre). Mais quelques enseignes font exception. Aux Galeries Lafayette, on peut ainsi régler en trois fois et sans frais, toute l’année, dès que la facture atteint 150 euros (si vos achats sont effectués le même jour) ; et à Carrefour, en dix fois..
Attention : pour bénéficier de ces crédits, il faut posséder la carte de fidélité du magasin qui, selon les enseignes, peut être gratuite ou payante (7 € par an, en moyenne). Elle donne aussi droit à un crédit permanent ou revolving (réserve d’argent où le client où le client peut puiser pour régler ses achats). Mais là, fini, les cadeaux, les taux deviennent astronomiques : 16 % 17%. A éviter
Vous effectuez une grosse dépense : préférez le prêt personnel
Vous devez financer une dépense relativement importante (voyage à l’étranger, cuisine intégrée, piscine…). Plus question, cette fois, de bénéficier d’un crédit gratuit ou à taux préférentiel. La solution : souscrire un prêt personnel. Vous aurez alors la possibilité d’emprunter jusqu’à 20 000 euros et de les rembourser, selon un échéancier convenu dès le départ, pendant une période de un à sept ans. Le taux d’intérêt consenti sera d’autant plus faible que vous avez un bon profil (vous êtes considérés comme un client solvable), que la somme empruntée est importante (le prêteur y trouvera son compte) et que vous la remboursez vite (moins de risques). Vous n’avez pas, en principe, à justifier l’emploi du prêt.
Ce sont les banques qui affichent ici les taux les plus compétitifs. Parmi les meilleures, citons la Bred (de 5 à 7 %), ou encore le CIC ... Bien sûr, ces taux affichés n’intègrent ni les frais de dossier ni le prix de l’assurance (facultative, mais fortement recommandée), qui, additionnés, font grimper le taux réel du crédit de 1 point, en moyenne.
Si votre banque vous refuse le prêt, tout n’est pas perdu pour autant. Adressez-vous à un établissement spécialisé. Mais attendez-vous alors à des taux nettement plus élevés, de 10 à 15% (Cetelem, Sofinco...) Logique : si vous avez été refoulés par votre banque, c’est que vous êtes considérés comme un client à risques ; et cela se paie aux prix fort. En plus, on vous demandera de préciser à quoi est destiné votre emprunt. |
Vous avez une fin de mois difficile : négociez un découvert autorisé
Des difficultés pour boucler une fin du mois ? Négociez un découvert avec votre banquier. Sinon, il vous appliquera le taux d’un découvert non autorisé, meurtrier à coup sûr : jusqu’à 20% ! Et vous risquez des rejets de chèque, avec d’importantes pénalités à la clé. Chaque banque a sa politique de découvert. Par exemple, la BNP accorde à ses clients une facilité de 450 – 500 euros par mois. Le montant du découvert dépend souvent des revenus. Ainsi, à d’autres banques, il est égal à 50% des revenus domiciliés. Il peut aussi être fixé selon le profil du client, comme à d’autres banques !
Quoi qu’il en soit, le découvert ne doit pas devenir un moyen de financement permanent. D’abord, parce que les taux affichés sont élevés (de 8 à 15%), même si, dans ce cas, il n’y a pas de frais d’assurance ni de dossier à ajouter. Ensuite, parce que la plupart des banques exigent qu’il ne dépasse pas une certaine durée. A la société générale, le compte doit redevenir créditeur dès le virement du salaire. Enfin, la loi interdit d’être dans le rouge plus de trois mois. Au-delà, le banquier doit faire une offre de crédit, transformant la dette en prêt personnel (lire le cas précédent).
Vous êtes souvent dans le rouge : résignez-vous au crédit revolving
Impôts, vacances, fêtes… Si vous êtes régulièrement en déficit, une seule solution : le crédit revolving. Vous puisez dans une réserve d’argent (en général liée à une carte) qui se reconstitue à chacun de vos remboursements. Un système pratique, mais très cher (taux de 9 à 15%, hors assurances)… et pervers : plus la réserve est faible, plus le taux est lourd. Au Crédit lyonnais, par exemple, 9 a 15 %. Pis : on s’habitue vite à vivre à crédit.
Privilégiez les revolvings des banques, moins coûteux, dans la plupart des cas, que ceux associés aux cartes des grands magasins ou proposés par les établissements spécialisés dans le crédit à la consommation.
Vous vivez au-dessus de vos moyens : rachetez vos crédits
Vous n’arrivez plus à faire face aux échéances de tous vos crédits ? Remplacez-les par un prêt unique. Vous n’aurez plus qu’une mensualité à payer, et son montant sera inférieur au total des mensualités précédentes, grâce à un allongement de la durée du crédit. Bien sûr, le coût total sera plus élevé. Pour réaliser cette opération, passez en priorité par votre banquier. Il rachètera vos dettes et vous offrira un prêt de substitution (à condition que le nouveau crédit ne dépasse pas sept ans). Sinon, adressez-vous au Crédit municipal de Paris (sachant qu’il n’accepte que les salariés sous contrat à durée indéterminée et rejette 70% des demandes).
Vous pouvez aussi contacter un courtier en consultant la liste de l’Afib (Association française des intermédiaires bancaires). Après avoir examiné votre dossier, il vous orientera vers des établissements spécialisés dans ce genre de montage, comme la Royal Saint-Georges Banque ou le Crédit foncier et communal d’Alsace-Lorraine. Mais ces prêteurs n’accepteront de vous refinancer qu’à l’aide d’un crédit hypothécaire, ce qui suppose que vous soyez propriétaire. Là encore, leur intervention risque de vous coûter cher. Il n’y a pas de barème officiel, tout se règle au cas par cas. |